Les femmes et la haute altitude : ce qu’il faut savoir avant un trek
- Emmanuel Daigle

- 15 févr.
- 3 min de lecture
La haute altitude est souvent abordée sous l’angle de l’acclimatation, du mal aigu des montagnes ou de la performance physique. Pourtant, un sujet reste encore trop peu discuté : les réalités physiologiques des femmes en altitude.
Que vous soyez une femme préparant un trek en Himalaya, une expédition andine ou ailleurs dans le monde, cet article répond aux questions les plus fréquentes. Voici les 3 FAQ que je reçois le plus souvent au sujet des femmes et l’altitude.

1️. Faut-il vérifier son taux de fer avant un séjour en haute altitude?
Oui, c’est fortement recommandé. Avant un départ en haute altitude (au-dessus de 2 500 m), certaines femmes et même certains hommes devraient effectuer un bilan sanguin afin de vérifier une éventuelle carence en fer.
Pourquoi? Le fer est essentiel à la synthèse de l’hémoglobine, la protéine des globules rouges responsable du transport de l’oxygène vers les cellules. Or, en altitude, la disponibilité en oxygène diminue.
Une carence en fer peut donc :
diminuer la capacité d’acclimatation
réduire la performance physique
accentuer la fatigue
ralentir la récupération
Les femmes présentant :
des règles abondantes
une ou plusieurs grossesses
une alimentation pauvre en fer
peuvent être carencées, même sans le savoir.
Conseil pré-expédition : discutez-en avec votre médecin lors de la consultation avant départ, surtout si vous planifiez :
un trek de plus de deux semaines
une expédition en très haute altitude (5 000 m et plus)
une ascension engagée nécessitant une excellente acclimatation
Une bonne stratégie d’acclimatation commence avant même de quitter le niveau de la mer.
2️. L’altitude perturbe-t-elle le cycle menstruel?
Oui, c’est fréquent et normal. Même si votre cycle est parfaitement régulier au niveau de la mer, la haute altitude peut modifier :
la date d’apparition des règles
leur durée
leur abondance
l’intensité du syndrome prémenstruel
Pourquoi? L’altitude agit rarement seule. Elle s’additionne à :
l’effort physique intense
le froid
le stress
le décalage horaire
les changements alimentaires
la fatigue
Cette combinaison peut perturber temporairement le cycle menstruel. Bonne nouvelle : Tout revient généralement à la normale au retour au niveau de la mer. En montagne, il faut être prête à l’imprévu. Une bonne planification évite bien des désagréments.
3️. Quel est le conseil le plus important pour les femmes en expédition?
S’il ne fallait en retenir qu’un : ayez toujours avec vous le nécessaire pour traiter rapidement une infection urinaire ou vaginale.
En haute altitude, plusieurs facteurs augmentent les risques :
hydratation insuffisante
froid
hygiène plus complexe
vêtements humides
accès limité aux soins médicaux
Une infection urinaire en pleine expédition peut rapidement devenir un problème sérieux et compromettre la progression. Parlez à votre médecin avant le départ pour obtenir une prescription adaptée à votre contexte d’expédition. En montagne, l’autonomie médicale fait partie de la préparation.

Pour aller plus loin
Ces thèmes sont abordés en profondeur dans :
Haute altitude : du trek à l’expédition 2e édition, publié aux Édition Rando Québec ou
La version européenne : La bible du trek, publié aux Éditions du Mont-Blanc.
Formation reconnue : Haute altitude : prévention et traitement (SIRIUSMEDx)
Pour connaître les prochaines dates : www.emmanueldaigle.com



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